16/03/2011

L’heure de la géothermie profonde a sonné !

La géothermie profonde apparaît désormais comme la véritable alternative crédible à l’énergie nucléaire. C’est vers elles que doivent se tourner les grands investissements de nos entreprises électriques.

L’abandon du nucléaire, que souhaitait déjà environ la moitié de nos concitoyens – si l’on se base sur les sondages, le vote du peuple bernois ou celui des députés vaudois – est devenu un évidence depuis le drame que traverse le peuple japonais.

La Suisse s’accordera probablement une période de transition en construisant quelques centrales à gaz, mais nous devons regarder plus loin. L’efficacité énergétique, le solaire, l’éolien, la mini-hydraulique apporteront une contribution utile. Mais pour remplacer des projets nucléaires de plus de 1000 MW, il est nécessaire de développer des projets du même ordre de grandeur.

L’utilisation de la chaleur profonde (plusieurs milliers de mètres) permet d’envisager des productions électriques de cette ampleur. Pour des investissements, là aussi, de plusieurs milliards.

Les entreprises électriques, concentrées sur la construction de nouvelles centrales nucléaires, n’ont pas voulu, jusqu'ici, envisager cette alternative. Elles ont donné une ampleur injustifiée aux incidents de Bâle. Désormais, elles vont être contraindre de le faire. Les technologies existent. Seule la volonté politique faisait défaut.

Depuis Fukushima, le monde a changé. On peut être convaincu que, à la tête des entreprises électriques, ceux qui ont la dimension de véritables patrons comprendront que leur avenir est désormais dans les entrailles de la Terre.

 

30/01/2011

Nucléaire : une énergie de vieux

Plus j’assiste aux querelles autour de l’énergie nucléaire, plus j’ai le sentiment que c’est l’opposition de deux états d’esprit, qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec l’âge des protagonistes : ceux qui sont vieux dans leur tête, et ceux qui demeurent jeunes.

Ce qui fait vieux, ce sont les raisonnements construits sur le passé : puisqu’on a fait avec, jusqu’ici, pas de raison de s’en passer. Que les réserves d’uranium soient limitées, que la gestion des déchets ne soit toujours pas réglée, peu importe. Nos descendants règleront ces problèmes le moment venu : à chaque génération ses soucis ; dans l’immédiat, aucune raison de renoncer à nos habitudes. Vos économies d’énergie ? Trop compliqué, et vous ne voudriez pas que j’isole ma maison ou que je change de voiture, à mon âge ! Vos nouvelles énergies renouvelables ? Trop compliqué. Et puisque qu’il y a des experts pour affirmer que cela ne suffira pas, croyons les experts : si on commence à douter des experts, on ne sait plus où va le monde !

Du côté des jeunes, c’est-à-dire des esprits jeunes, il y a une volonté de se projeter dans l’avenir et de relever des défis. Puisque l’humanité devra sortir un jour des énergies fossiles et de l’uranium, empoignons le problème avec enthousiasme et imagination, dès aujourd’hui. Nous sommes entourés d’énergie : le soleil, le vent, la chaleur du sous-sol, l’eau qui dévale les pentes. Nos grandes centrales nucléaires seront à bout de souffle dans 30 ou 40 ans ? - Profitons de ce délai pour puiser à d’autres sources les énergies qui les remplaceront. Un défi, certes, un pari, aussi. Et des experts – pas les mêmes – disent que cela est possible.

C’est précisément ce goût pour les défis à relever qui enflamme les jeunes et ceux en conservent l’esprit.

Les choix politiques, avant de relever de querelles d’experts, sont d’abord l’expression d’un état d’esprit. Le débat nucléaire n’est pas un débat gauche-droite. Une récente enquête conduite par MIS-Trend sur la population neuchâteloise montre que partisans et opposants à l’atome se retrouvent à part égale dans tous les courants politiques. C’est qu’il y a partout des « vieux », c’est à dire des gens qui ont renoncé à naître.

25/01/2011

Les mauvais comptes de Daniel Brélaz

L’insouciance de Daniel Brélaz face à l’endettement de la Ville de Lausanne est incompatible avec le développement durable : reporter le fardeau sur les générations à venir et compter sur la croissance démographique pour résoudre les déséquilibres actuels sont vertement inadmissibles.

 

La dette lausannoise est de l’ordre de 2,4 milliards, en augmentation régulière chaque année. Pour la gauche, l’endettement public n’a jamais été un problème : il suffit de faire payer les riches. La situation de la Grèce, du Portugal et divers autres pays d’Europe montrent les limites de cette gestion publique, mais la gauche est cohérente avec elle-même.

 

Tout autre est la position des Verts. Ils fondent leur action sur le développement durable, lequel signifie un équilibre entre consommation et production, de manière à épargner les réserves et à ne pas hypothéquer les générations à venir. C’est vrai pour l’énergie comme pour toutes les ressources naturelles ; c’est vrai aussi pour les finances. De toute évidence, les Verts lausannois, à la remorque du parti socialiste, ne sont pas gênés par le grand écart qu’ils font à l’endroit de leurs principes. Les déclarations de Daniel Brélaz sur cet objet méritent commentaire.

 

1. « L’endettement n’est pas grave puisque les actifs couvrent la dette » : exactement la position que tiendrait un père de famille qui vivrait en hypothéquant jusqu’aux tuiles la maison familiale. Consommer le patrimoine familial pour parvenir à dépenser plus que ce qu’on gagne; les héritiers apprécieront cette manière de respecter les générations à venir

 

2. « Nous allons accueillir 6500 nouveaux habitants qui seront autant de contribuables supplémentaires » : la « croissance » devrait résoudre demain les problèmes que l’on crée aujourd’hui. Choquant, parce la croissance démographique représente de fait la plus grande menace sur les ressources de la planète, à commencer par le sol lui-même. Choquant aussi parce que les dépenses publiques générées par la croissance démographie (transports publics, routes, écoles, hôpitaux) consomment régulièrement tout ce qu’on avait cru gagner par l’arrivée de contribuables supplémentaires. Un mathématicien ne peut faire mine de l’ignorer

3. « La modernisation de la Ville passe avant l’équilibre financier » : comme si chaque économie devait être prise sur les investissements. C’est pourtant l’explosion des charges administratives et des charges de personnel qui constitue l’essentiel du déséquilibre financier de la Ville. Mais c’est un sujet tabou : quand on a, en dix ans, engagé 1000 employés supplémentaires, on ne se hasarde pas à admettre que c’est le cœur du problème…

 

A l’évidence, la façon dont le « Géant vert » gère les finances lausannoises a quelque chose de gigantesque, mais pas grand chose de vert.