07/01/2011

Le cadeau d'Ada Marra à l'UDC

Faciliter la naturalisation des étrangers de la troisième génération : en dépit du refus populaire, la socialiste Ada Marra repart au combat. Un combat dont la Suisse se passerait bien.

On voudrait que les socialistes – s’ils sont capables de se remettre en question – comprennent que les succès de l’UDC sont surtout l’expression d’un refus de l’égalitarisme défendu par la gauche. Dans un pays de tradition chrétienne, les Suisses ont refusé de mettre sur pied d’égalité l’Islam et leur culture historique. Et lorsque des étrangers commettent des délits, les Suisses rappellent à ceux qui ne sont pas de chez nous qu’ils ont à respecter nos lois. Le peuple suisse n’est pas perméable à l’indifférenciation que tente d’imposer la gauche. C’est comme ça, il faut en prendre acte : notre démocratie directe permet l’expression d’un sentiment populaire qui serait à coup sûr encore bien plus net dans d’autres pays si le peuple pouvait s’exprimer.

Une gauche intelligente en tirerait des conclusions. Elle remettrait en cause son goût pour le multiculturalisme ; elle cesserait de relativiser les valeurs qui font l’identité de notre pays ; elle oserait admettre que seule l’assimilation des étrangers permet leur intégration.

La nationalité suisse est réglée par le droit du sang, et non pas le droit du sol. Il ne suffit pas d’être né en Suisse, ni même d’avoir un père né en Suisse, pour obtenir la nationalité suisse. Dans ce cas, il est possible de demander à être naturalisé, au terme d’une procédure devenue gratuite, mais nécessitant qu’on fasse la preuve de son intégration. Pour Ada Marra, cette exigence est excessive. A la troisième génération, le simple fait de présenter une demande devrait suffire, la preuve de l’intégration n’étant plus demandée. Elle n’a donc rien compris, elle qui, issue de l’immigration, a bien pourtant bien dû se soumettre à cette exigence. Elle n’a pas compris non plus que le « droit à » implique, dans notre tradition helvétique, un « devoir de ».

La politique ne consiste pas à répéter inlassablement les mêmes affirmations dans l’idée que, à l’usure, elles s’imposeront : elle consiste à entendre le message donné par la population et à s’y adapter. Visiblement, les Suisses ont une certaine perception de leur identité, façonnée par l’histoire, et ils y tiennent. A chaque fois que la gauche tentera de s’y opposer, elle renforcera le réflexe identitaire, si bien exploité par l’UDC. Si les socialistes veulent augmenter, pour des ressortissants étrangers, leur chance de devenir des Suisses à part entière, c’est en les encourageant à une assimilation complète qu’elle doit les inviter.

La Suisse n’a rien à gagner à ce nouveau combat contre notre procédure de naturalisation ; les socialistes non plus. Mais l’UDC, qui n’en demandait pas tant, doit se frotter les mains.

13:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (18)

11/11/2010

L'Internationale chantée à l'UNIL

Le 30 octobre dernier, au terme d'un congrès dominé par son aile gauche, le parti socialiste suisse a chanté l'Internationale dans les locaux de l'Université de Dorigny. On l'a bien entendu sur La Première de la RSR. A titre personnel, j'en ai été choqué. Non pas que le PS s'approprie l'hymne communiste : tout parti a le droit d'avoir sa liturgie et ses classiques, ce qui peut lui tenir lieu de ciment lorsqu'il se divise sur son programme.

Ce qui est choquant, c'est que les locaux de l'Université puissent abriter une manifestation pareillement politisée. Sous prétexte peut-être qu'il faut bien rentabiliser les vastes espaces à disposition. Dans cette logique purement financière, qui est aussi la logique de la putain, l'argent n'a pas d'odeur : utilisez les auditoires, pourvu que vous payiez !

Le problème, c'est que, justement, l'argent a une odeur ou un parfum : "Ce qui est odeur pour les uns est parfum pour les autres", disait un de nos vieux maîtres. Lorsque l'argent vient des socialistes, il est parfum. Mais lorsqu'il vient de l'UDC, il n'est plus qu'odeur.

Je suis plutôt soulagé d'apprendre que l'UDC n'ira pas à Dorigny : les congrès politique n'ont rien à voir avec la vie académique. Mais je suis choqué que l'UNIL ait ouvert ses portes au congrès du PS, un PS qui, sans aucune pudeur, a diffusé largement, via les ondes, les relents de son idéologie communiste. Et choqué aussi de voir que dans une université qui devrait être politiquement neutre, on s'agite contre un congrès UDC, mais on ne bronche pas lorsqu'il s'agit du PS. L'image de "nid de gauchistes" que l'UNIL donne d'elle-même dans cette affaire ne renforce pas sa crédibilité.

08:43 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (16)

09/11/2010

L'instrument du Diable

Il y a des gens qui croient à l'existence du Diable. S'il existe, le chanvrier Bernard Rappaz pourrait bien en être l'instrument, probablement à son insu. Car le Diable, intitulé aussi le Diviseur, se reconnaît à la division qu'il insinue entre les humains. Le Diable cherche à dresser les uns contre les autres des gens que tout porterait à s'entendre.

Si l'on suit le débat que suscite la grève de la faim du chanvrier valaisan, on est frappé de voir à quel point elle sème la division entre de nombreux protagonistes qui n'en demandaient pas tant. Division entre autorités pénitentiaires et corps médical; division des médecins entre leur devoir d'assistance et leur devoir de respecter la volonté du patient; division entre autorités genevoises et valaisannes; division entre partisans et adversaires du cannabis; division entre éthiciens; division entre défenseurs des droits humains; division entre Madame et Monsieur Toutlemonde...

Et on peut prévoir que, quelle que soit l'issue, la division ne s'apaisera pas de si tôt : que Bernard Rappaz meurt ou soit réalimenté ne calmera pas les querelles. D'ailleurs, le Diable se moque cyniquement du sort personnel de ce malheureux Bernard Rappaz. Ce qui lui plait, c'est d'augmenter le degré de discorde dans le monde. Avec la grève de la faim du chanvrier, il a réussi son coup : on va l'entendre ricaner et se frotter les mains (ou les griffes) pendant longtemps, ce grand Malin !