05/05/2009

Le capitalisme protège de la grippe

Le capitalisme serait en échec : tel semble l’avis unanime des observateurs à la suite de la crise financière que nous traversons. Jusqu’à certains ecclésiastiques : tout ce qui pense dans notre monde se croit désormais appelé à déclarer le capitalisme en échec.

Mais voilà qu’une autre crise mobilise l’opinion mondiale : la grippe AH1N1, dite à tort grippe « porcine ». Les frayeurs engendrées par l’épidémie s’apaisent dans une certitude : le Tamiflu ! Tel le serpent d’airain agité par Moïse, le Tamiflu semble offrir son rempart au danger de la grippe.

Et d’où vient ce remède miracle ? Du capitalisme précisément ! Ce n’est pas un régime communiste ou une république islamique qui offrent au monde un remède contre la grippe, mais bien des entreprises capitalistes, c’est-à-dire des entreprises fondées sur la  conjonction du travail et du capital ; des entreprises fondées sur les principes de la concurrence et de la recherche du profit. Dans un régime politique qui respecte la liberté de la recherche et protège la  commercialisation des brevets.

Vous connaissez la boutade : « Si vous pensez que l’argent ne fait pas le bonheur, essayez donc la misère ! » A ceux qui se réjouissent de penser que le capitalisme ne fait pas le bonheur, on suggérerait d’essayer autre chose de convaincant. D’ici là, notre monde continuera de demander au capitalisme de résoudre la plupart des défis scientifiques menaçant notre monde. Et par exemple de nous protéger de la grippe.

 

 

01/02/2009

Détestable excommunication

L’excommunication hérisse les protestants. Elle constitue l’une des spécificités du catholicisme que la Réforme a condamnée. Dans la logique catholique, l’Eglise constitue un médiateur nécessaire entre le croyant et Dieu ; le salut passe par le sacrement de la communion ; celui qui est exclu de la communion est privé de tout accès au salut. L’excommunication est une condamnation à la mort éternelle ! Au moyen âge, les excommuniés étaient enterrés de nuit, et hors des murs du cimetière, pour bien signifier qu’ils ne pouvaient espérer le salut.

Les protestants affirment le salut par la seule grâce de Dieu. Ils remettent à Dieu le jugement des cœurs, et refusent d’interposer une hiérarchie, un clergé, entre Dieu et ses fidèles.

L’excommunication est conforme à la logique de l’Eglise catholique, mais profondément contraire à l’esprit réformé, qui la considère comme essentiellement contraire à l’Evangile. L’excommunication constitue ainsi le fond du fossé qui sépare les catholiques des protestants.

On y ajoutera que, dans la pratique, l’excommunication est principalement dirigée contre ceux qui contestent l’autorité de l’Eglise et qui, de fait, nuisent à son unité et à la force de sa hiérarchie. Ceux qui offensent le médiateur plutôt que ceux qui offensent Dieu !

L’excommunication des évêques d’Ecône participait de cette logique, tout comme la levée de cette mesure. Quant à l’évêque révisionniste Williamson, ses propos vont dans le même sens : il « regrette » les dérangements qu’il a occasionnés au pape. Qu’il ait violé ses devoirs de charité à l’endroit du peuple juif, voire qu’il ait offensé Dieu : peu importe. L’excommunication ne porte pas sur ces « détails »… Mais qu’il ait donné du souci à l’Eglise, cela il le regrette !

En cette année qui célèbre le 500ème anniversaire de la naissance de Clavin, l’affaire de la levée de l’excommunication qui émeut l’opinion publique donne une bonne occasion aux Réformés de réaffirmer l’un des fondements de leur foi. Dieu seul accorde au croyant le mystère de la communion avec  Lui, et aucun humain ne doit se sentir autorisé à faire barrage à cette communion. Le rappeler n’est pas faire obstacle à l’œcuménisme que j’appelle de mes vœux et de mes actes : c’est simplement mettre en évidence un des points importants qui nous séparent encore de l’Unité des chrétiens.

13/01/2009

Le protectionnisme creuse la crise

 

En 1930, les Etats-Unis adoptent un tarif douanier ultraprotectionniste : le Smoot-Hawley Act. Si l’on en croit Jean Heffer, historien, interrogé le 2 janvier dans l’émission Géopolis de la RSR, c’est à ce tarif protectionniste que l’on peut attribuer la gravité de la crise des années 30.

En empêchant les importations dans le but de protéger leur industrie, les Etat-Unis ont suscité des mesures de rétorsion de la part des autres pays, bloquant progressivement les exportations américaines et aggravant la situation de son économie. Dans l’intention de la protéger, ce tarif douanier l’a étouffée.

On ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la votation du 8 février sur la libre circulation. Quand on entend les propos de certains partisans du non, en particulier l’UDC Yvan Perrin, on retrouve exactement la logique du Smoot-Hawley Act : dans une période de crise, nous devons pouvoir « réguler » nos échanges avec l’Europe, c’est-à-dire fermer nos frontières aux échanges économiques. En général, j’aime assez la dialectique courageuse d’Yvan Perrin. Mais ici, je fais davantage confiance à l’histoire et au spécialiste d’histoire économique qu’est Jean Heffer. Pour sortir de la crise ou au moins éviter de s’y enfoncer, il faut ouvrir les frontières, favoriser les échanges. C’est précisément en période de crise qu’il faut miser sur la « libre circulation ». C’est–à-dire voter OUI le 8 février.

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