09/11/2008

L'arme du gendarme

Les armes que notre société confie aux policiers ont un rôle dissuasif. Mais cette dissuasion n’est efficace que si, de cas en cas, ils s’en servent. Ceux qui condamnent un gendarme qui s’est servi de son arme doivent bien réfléchir au message qu’ils envoient à la société d’une part, aux milieux criminels, d’autre part.
Il est nécessaire que l’usage de l’arme soit l’objet d’une réglementation stricte, et que, le cas échéant, une infraction soit sanctionnée. Mais il ne faut pas se tromper de cible.
Les braves gens, comme vous et moi, n’envisageraient pas une seule seconde de résister aux injonctions d’un policier. Mais ce n’est pas pour effrayer les braves gens que la police est armée. En revanche, les délinquants ne sont pas tous des enfants de chœur. Il y a même parmi eux des individus extrêmement dangereux, prêts à tout, y compris à tuer, pour parvenir à leurs fins. C’est à eux que les forces de police doivent être prêtes à répondre. Et il n’est malheureusement pas exceptionnel que, lorsque le policier ne se sert pas de son arme en premier, il y laisse sa vie : le drame de Bex, en octobre 2005, nous l’a rappelé.
Dans la récente affaire lausannoise, on ne peut s’empêcher de ressentir un malaise. Il semble que, d’emblée, parce qu’un gendarme s’est servi de son arme, il doive être condamné par la presse. Et que, pour apaiser la presse, sa hiérarchie, à son tour, doive le présumer coupable. Un peu de prudence dans la communication serait justifiée.
Notre sécurité publique est garantie par des policiers équipés d’une arme, dont ils « risquent » de faire usage dans certaines circonstances. Il serait catastrophique que l’usage de l’arme finisse par faire plus peur au policier lui-même qu’aux bandits qui s’opposent à lui.

04/11/2008

Politique anticyclique

Un privé refait son toit les bonnes années. Le principe de la politique anticyclque suggère que l’Etat refasse ses toits pendant les mauvaises années. Schématiquement, on peut considérer qu’une bonne politique anticyclique consiste à investir pendant les mauvaises années pour alléger les charges pendant les bonnes années, et non pas les alourdir. Le parti socialiste suisse a raison : en proposant d’encourager les mesures d’assainissement des bâtiments en période de basse conjoncture, ce qui aura pour effet une diminution des dépenses énergétiques lorsque la conjoncture se redressera, il propose une véritable politique anticyclique. Bravo !
Mais ce n’est pas ce que proposent les socialistes vaudois : la construction d’un nouveau musée à Bellerive constitue un investissement qui entraînera un accroissement des charges dans les années suivantes, et non pas un allègement. Ce projet n’a donc rien d’anticyclique. Dommage que les socialistes aient de la peine à appliquer dans leurs programmes cantonaux les grands principes du parti suisse.
Si le canton veut effectuer une vraie politique anticyclique, il doit entretenir et assainir les bâtiments dont il est actuellement propriétaire, par exemple le Château cantonal,… ou le Palais de Rumine, justement ; et pas construire de nouveaux édifices dont l’entretien va durablement alourdir son budget. Mais l’histoire nous l’apprend : la politique anticyclique dépasse rarement l’échelon du discours de cantine…

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29/10/2008

Lausanne-près-Cuba

Après le Conseil d’Etat, c’est la Municipalité de Lausanne qui dérape dans son combat pour le projet de musée à Bellerive. Son dernier communiqué de presse dépasse les bornes du déni démocratique. Signé de la « Direction de la culture, du logement et du patrimoine », ce communiqué présente la construction du bâtiment de Bellerive comme une affaire acquise, sans l’ombre d’une allusion au référendum, c’est-à-dire au fait que cette construction est soumise au verdict démocratique. Exactement comme si la volonté populaire était une dimension négligeable du débat. Ose-t-on rappeler à ces édiles que, en démocratie, le « souverain », c’est encore le peuple ! Ils sont en droit d’élaborer des projets, mais sous réserve…
On lit également dans ce communiqué : « La Municipalité octroiera au Canton un droit de superficie pour l’édification du bâtiment ». Et le Conseil communal, là-dedans ? L’octroi d’un droit de superficie est une compétence du Conseil communal, élu par le peuple. La Municipalité peut le proposer, mais elle n’a pas la compétence de l’ « octroyer ».
On a décidément l’impression que certains magistrats sont à ce point déstabilisés par le référendum lancé par le comité « Pas au bord du lac » qu’ils en viennent à perdre tous leurs repères. Lausanne n’est pas une dictature, que diable ! Bien qu’occupant six sièges sur sept à la Municipalité, la coalition rouge-rose-verte n’a pas les pleins pouvoirs. Elle verra, le 30 novembre, ce que le peuple aura décidé. D’ici là, elle ferait bien d’user, pour ses projets, du mode conditionnel : le conditionnel imposé par les règles de la démocratie.

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