10/09/2013

A qui vont les applaudissements des réformés ?

Des applaudissements nourris et répétés lors d'un culte de consécration semblent réjouir les responsables de l'EERV en perte de repères : ils sont pourtant totalement déplacés.

Un culte est une célébration communautaire. Les réformés ont d'ailleurs développé une architecture en amphithéâtre, permettant aux fidèles de se rassembler autour de la Parole, de sa prédication et de la table de communion, et non pas face à un prêtre ou à un autel. Dans les édifices antérieurs à la Réforme, un aménagement de l'espace s'est fait dans cet esprit : ainsi, dans la cathédrale de Lausanne, les chaises qui furent longtemps disposées autour de la chaire, négligeant complètement l'espace surélevé du choeur.

En adoptant dans la cathédrale la disposition actuelle, les responsables ont déjà perdu un repère et transformé ce haut lieu du culte réformé en une salle de spectacle, plaçant l'assemblée non plus autour de l'orateur, mais en face de lui, de la table de communion et de toutes les activités qui peuvent prendre place sur le "podium" que constitue le choeur.

Lorsqu'on perd un premier repère, la voie est ouverte à tous les égarements. Désormais, puisque les fidèles sont invités à un "spectacle" (ballet ou prestation chorale), ils sont bien sûr aussi appelés à applaudir chacun des épisodes, la prédication constituant un sketch parmi d'autres...

Il y a pourtant des gens de foi qui entrent à la cathédrale pour une célébration à la Gloire de Dieu, dans un esprit de prière : pour eux, chacun contribue à une célébration à la place qui est la sienne, autant celui qui prêche que celui qui chante ou celui qui prie, même de sa place. Tous s'assemblent pour louer Dieu; aucun ne mérite des applaudissements. 

Si l'EERV trouve "tendance" d'inviter ses fidèles à applaudir, alors que ce soit en réponse à une prière de louange, un alleluia, pour louer Dieu ! Lors d'un culte, "soli deo gloria", et à Dieu seul les applaudissements. Quant aux remerciements et félicitations aux serviteurs,  il y a d'autres occasions de les exprimer. Mêmes les membres du Choeur des jeunes de l'EERV seraient prêts à le comprendre : il suffirait de leur leur expliquer.

 

02/07/2013

Accordons l'asile à Edward Snowden

Réponse du berger à la bergère : et si nous offrions l'asile politique à Edward Snowden, recherché par les Etats-Unis ? A première vue, en tout cas, nous aurions ainsi une "monnaie d'échange" utile à nos négociations difficiles avec les USA.

Evidemment, les relations internationales sont affaire subtile. Comme dans une partie d'échec, il faut à chaque coup prévoir la réaction de l'adversaire, et cela avec plusieurs étapes d'anticipation. Et je ne suis pas diplomate, je le confesse. Mais la question de l'asile offert à Edward Snowden devrait faire partie des scénarii étudiés par notre gouvernement face à l'adversité manifestée contre notre pays.

On parle volontiers de "guerre" : guerre fiscale, guerre économique, guerre contre la drogue, etc. Admettons ce vocable lorsqu'il se justifie, mais tirons en les conséquences. La guerre se gère comme telle. Elle suppose une défense sans concession, mais aussi des contre-offensives, des embuscades, des mesures de rétorsion, des actions sur l'opinion publique adverse, etc. Elle nécessite tantôt la diplomatie, tantôt la force, tantôt la ruse.  Pour l'heure, l'impression que donne la Suisse est plutôt celle d'un chien battu qui vient quêter la bienveillance de celui qui le frappe en lui léchant la main.

Assez d'angélisme ! La Suisse n'est pas plus coupable que d'autres. Les USA et les banquiers américains ne sont pas plus innnocents que les nôtres. Si on veut nous faire la guerre, adoptons en le discours et les moyens. Donner l'asile à l'un des persécutés du camp ennemi en fait partie. 

04/06/2013

Marc Vuilleumier, élu par le peuple…

Ceux qui demandent l’élection du Conseil fédéral par le peuple devraient comparer la situation d’Eveline Widmer-Schlumpf à celle de Marc Vuilleumier.

Marc Vuilleumier a été élu par le peuple. Dans l’exercice de sa fonction de directeur de police, il a gravement démérité, au point que ses collègues lui ont retiré l’essentiel de son activité, ce qui revenait à constater qu’il était incapable de « gouverner ».  Marc Vuilleumier demeure pourtant au pouvoir, confortablement payé par nos impôts, apparemment aussi à l’aise face à ce désaveu qu’à se faire payer pour ne presque rien faire. Il y a fort à parier que si M. Vuilleumier avait été élu par le « parlement », le Conseil communal de Lausanne, on l’aurait rapidement appelé à démissionner et, tout au moins, aurions-nous eu la certitude qu’il ne serait pas réélu.

Eveline Widmer-Schlumpf se trouve confrontée à une forte remise en question par le parlement dans le cadre des accords fiscaux internationaux. Sa réélection est constamment mise en balance avec ses performances dans ce domaine. A l’évidence, elle ne peut « gouverner » sans convaincre le parlement fédéral. Dans un domaine hautement technique, le parlement, qui compte un nombre suffisant de spécialistes compétents, accordera ou refusera son appui à EWS sur la base de son aptitude à « gouverner », et non sur sa sympathie pour une tête plus ou moins populaire.

Que ceux qui réclament l’élection du Conseil fédéral par le peuple comparent la situation de ces deux magistrats. A mon avis, l’impunité de Marc Vuilleumier et le contrôle exercé sur Eveline Widmer-Schlumpf ne plaident par pour l’élection des gouvernements par le peuple.