14/05/2013

Quelle alternative à la prison ?

Me Marc Bonnant semble contester à l’emprisonnement tout effet bénéfique sur les condamnés. Cette affirmation, souvent entendue dans la bouche de juristes de gauche, mérite une mise en perspective historique.

L’emprisonnement est un acquis des civilisations sédentaires. Les peuples nomades n’ont pas la possibilité d’emprisonner leurs délinquants : ils n’ont, pour les punir et les empêcher de récidiver, que deux moyens : l’amputation ou la peine de mort. A ma connaissance, la charia, adaptée à des tribus nomades, prévoit des peines de ce type. Dans le Far-West de l’époque historique, les châtiments étaient du même ordre pour les mêmes motifs de mobilité.

La punition d’un délinquant par sa mise en détention constitue donc un progrès de civilisation. Evidemment, elle n’exclut pas le risque de récidive : s’il s’agit à tout prix d’empêcher tout risque de récidive, il faut en revenir à la peine de mort, la mutilation voire l’enfermement à vie. De même si l’on ne croit pas qu’un détenu puisse bénéficier de sa période d’incarcération pour préparer une nouvelle entrée dans la vie. Où alors décider qu’il vaut mieux laisser les coupables en liberté, au risque de voir les citoyens se faire justice eux-mêmes en pratiquant par vengeance la mise à mort ou la mutilation : beau retour à la sauvagerie !

On voudrait que ceux qui, avec autant de légèreté que d’éloquence, vilipendent les peines d’emprisonnement osent indiquer quelles alternatives ils proposent à nos sociétés modernes ? Horresco referens…

 

01/05/2013

La mobilité professionnelle, notre premier acquis social

1er mai : l’occasion de réactualiser le discours sur la protection des travailleurs à la lumière de ce qui se passe en France et ailleurs. Et de voir que les syndicalistes, cramponnés à leurs vieux discours, privent d’espoir ceux qu’ils prétendent défendre.

Protéger les travailleurs, disent-ils, s’est les protéger contre les licenciements et la perte d’emploi, c’est leur garantir un revenu indépendant de leur propre activité. En France, on y est parvenu : et on y est tellement bien parvenu que les employeurs, sachant qu’ils ne pourront plus licencier, n’engagent plus personne. Et lorsqu’un employeur n’engage plus personne, il y a peu d’avenir et de développement possibles pour son entreprise ; il n’y a plus de création d’emplois.

La grande force de l’économie suisse, c’est la souplesse de son marché du travail. Parce que l’employeur a la perspective de pouvoir licencier en cas de nécessité, l’économie est florissante et crée des emplois. Bien sûr, cela s’inscrit dans un contexte. D’abord un dispositif généreux et intelligent d’assurance chômage, comprenant aussi le chômage partiel en cas de fléchissement temporaire des affaires. Et aussi une culture de formation professionnelle performante qui vise à donner et à entretenir des compétences élevées, lesquelles sont sollicitées lors d’un changement d’emploi.

On peut sans doute faire mieux. Mais l’essentiel est de comprendre que la mobilité professionnelle et tout ce qui la facilite sont un bienfait pour les travailleurs. Alors que tous les discours de nos vieux camarades valorisant la sclérose, le salaire assuré quoi qu’on fasse et autres garanties de situations acquises font en réalité le malheur des travailleurs et ferment aux jeunes l’espoir de trouver un emploi. Un nouveau discours pour les manifestations du premier mai ? Moi aussi, je rêve ! 

 

 

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11/12/2012

Télétravail : réservé aux salaires « à la pièce »

Le débat ouvert par le télétravail oblige à remettre en question le salaire horaire, en vigueur dans les administrations publiques notamment.

Le télétravail ou travail à domicile n’est pas nouveau. Dans l’horlogerie, on rappellera que, très longtemps, les ouvriers travaillaient à domicile, dans un endroit bien éclairé de leur maison jurassienne, surtout les jours d’hiver. Et ils étaient payés en fonction du nombre pièces livrées à la fabrique.

Mais les choses se compliquent lorsqu’on envisage le télétravail dans l’administration publique : les employés n’y sont pas payés à l’acte, mais reçoivent un salaire mensuel, mesuré en fonction du nombre d’heures travaillées. On voit mal que des fonctionnaires puissent ainsi être payés pour demeurer à domicile, sans autre contrôle qu’eux-mêmes sur leur activité. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’esprit très mal tourné pour imaginer les dérives possibles…

Il s’agit donc d’introduire un système de rétribution à l’acte : lorsqu’un employé doit fournir un travail déterminé dans un délai fixé, il peut fort bien s’en acquitter chez lui. Si, par exemple, un taxateur fiscal doit traiter 20 dossiers chaque semaine, rien ne l’empêche de travailler à la maison, et peut-être même travaille-t-il mieux chez soi, dans le calme. Mais le télétravail nécessite des objectifs définis, à atteindre à domicile.

C’est là que le débat devient intéressant : si des objectifs précis sont fixés à un employé qui travaille à domicile, il devient tout naturel de fixer de mêmes objectifs à l’employé qui vient travailler au bureau. En clair, on en vient à introduire une forme de salaire à l’acte plutôt qu’un salaire horaire ; un salaire au mérite plutôt qu’un salaire à la présence !

On le voit, le télétravail dans les dministrations publiques nécessite le développement, en parallèle, du salaire au mérite. On y viendra, nous l’espérons, et cela pour le plus grand profit de l’environnement d’une part, du citoyen-contribuable, d’autre part.

16:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)