04/06/2013

Marc Vuilleumier, élu par le peuple…

Ceux qui demandent l’élection du Conseil fédéral par le peuple devraient comparer la situation d’Eveline Widmer-Schlumpf à celle de Marc Vuilleumier.

Marc Vuilleumier a été élu par le peuple. Dans l’exercice de sa fonction de directeur de police, il a gravement démérité, au point que ses collègues lui ont retiré l’essentiel de son activité, ce qui revenait à constater qu’il était incapable de « gouverner ».  Marc Vuilleumier demeure pourtant au pouvoir, confortablement payé par nos impôts, apparemment aussi à l’aise face à ce désaveu qu’à se faire payer pour ne presque rien faire. Il y a fort à parier que si M. Vuilleumier avait été élu par le « parlement », le Conseil communal de Lausanne, on l’aurait rapidement appelé à démissionner et, tout au moins, aurions-nous eu la certitude qu’il ne serait pas réélu.

Eveline Widmer-Schlumpf se trouve confrontée à une forte remise en question par le parlement dans le cadre des accords fiscaux internationaux. Sa réélection est constamment mise en balance avec ses performances dans ce domaine. A l’évidence, elle ne peut « gouverner » sans convaincre le parlement fédéral. Dans un domaine hautement technique, le parlement, qui compte un nombre suffisant de spécialistes compétents, accordera ou refusera son appui à EWS sur la base de son aptitude à « gouverner », et non sur sa sympathie pour une tête plus ou moins populaire.

Que ceux qui réclament l’élection du Conseil fédéral par le peuple comparent la situation de ces deux magistrats. A mon avis, l’impunité de Marc Vuilleumier et le contrôle exercé sur Eveline Widmer-Schlumpf ne plaident par pour l’élection des gouvernements par le peuple.

14/05/2013

Quelle alternative à la prison ?

Me Marc Bonnant semble contester à l’emprisonnement tout effet bénéfique sur les condamnés. Cette affirmation, souvent entendue dans la bouche de juristes de gauche, mérite une mise en perspective historique.

L’emprisonnement est un acquis des civilisations sédentaires. Les peuples nomades n’ont pas la possibilité d’emprisonner leurs délinquants : ils n’ont, pour les punir et les empêcher de récidiver, que deux moyens : l’amputation ou la peine de mort. A ma connaissance, la charia, adaptée à des tribus nomades, prévoit des peines de ce type. Dans le Far-West de l’époque historique, les châtiments étaient du même ordre pour les mêmes motifs de mobilité.

La punition d’un délinquant par sa mise en détention constitue donc un progrès de civilisation. Evidemment, elle n’exclut pas le risque de récidive : s’il s’agit à tout prix d’empêcher tout risque de récidive, il faut en revenir à la peine de mort, la mutilation voire l’enfermement à vie. De même si l’on ne croit pas qu’un détenu puisse bénéficier de sa période d’incarcération pour préparer une nouvelle entrée dans la vie. Où alors décider qu’il vaut mieux laisser les coupables en liberté, au risque de voir les citoyens se faire justice eux-mêmes en pratiquant par vengeance la mise à mort ou la mutilation : beau retour à la sauvagerie !

On voudrait que ceux qui, avec autant de légèreté que d’éloquence, vilipendent les peines d’emprisonnement osent indiquer quelles alternatives ils proposent à nos sociétés modernes ? Horresco referens…

 

01/05/2013

La mobilité professionnelle, notre premier acquis social

1er mai : l’occasion de réactualiser le discours sur la protection des travailleurs à la lumière de ce qui se passe en France et ailleurs. Et de voir que les syndicalistes, cramponnés à leurs vieux discours, privent d’espoir ceux qu’ils prétendent défendre.

Protéger les travailleurs, disent-ils, s’est les protéger contre les licenciements et la perte d’emploi, c’est leur garantir un revenu indépendant de leur propre activité. En France, on y est parvenu : et on y est tellement bien parvenu que les employeurs, sachant qu’ils ne pourront plus licencier, n’engagent plus personne. Et lorsqu’un employeur n’engage plus personne, il y a peu d’avenir et de développement possibles pour son entreprise ; il n’y a plus de création d’emplois.

La grande force de l’économie suisse, c’est la souplesse de son marché du travail. Parce que l’employeur a la perspective de pouvoir licencier en cas de nécessité, l’économie est florissante et crée des emplois. Bien sûr, cela s’inscrit dans un contexte. D’abord un dispositif généreux et intelligent d’assurance chômage, comprenant aussi le chômage partiel en cas de fléchissement temporaire des affaires. Et aussi une culture de formation professionnelle performante qui vise à donner et à entretenir des compétences élevées, lesquelles sont sollicitées lors d’un changement d’emploi.

On peut sans doute faire mieux. Mais l’essentiel est de comprendre que la mobilité professionnelle et tout ce qui la facilite sont un bienfait pour les travailleurs. Alors que tous les discours de nos vieux camarades valorisant la sclérose, le salaire assuré quoi qu’on fasse et autres garanties de situations acquises font en réalité le malheur des travailleurs et ferment aux jeunes l’espoir de trouver un emploi. Un nouveau discours pour les manifestations du premier mai ? Moi aussi, je rêve ! 

 

 

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