01/05/2013

La mobilité professionnelle, notre premier acquis social

1er mai : l’occasion de réactualiser le discours sur la protection des travailleurs à la lumière de ce qui se passe en France et ailleurs. Et de voir que les syndicalistes, cramponnés à leurs vieux discours, privent d’espoir ceux qu’ils prétendent défendre.

Protéger les travailleurs, disent-ils, s’est les protéger contre les licenciements et la perte d’emploi, c’est leur garantir un revenu indépendant de leur propre activité. En France, on y est parvenu : et on y est tellement bien parvenu que les employeurs, sachant qu’ils ne pourront plus licencier, n’engagent plus personne. Et lorsqu’un employeur n’engage plus personne, il y a peu d’avenir et de développement possibles pour son entreprise ; il n’y a plus de création d’emplois.

La grande force de l’économie suisse, c’est la souplesse de son marché du travail. Parce que l’employeur a la perspective de pouvoir licencier en cas de nécessité, l’économie est florissante et crée des emplois. Bien sûr, cela s’inscrit dans un contexte. D’abord un dispositif généreux et intelligent d’assurance chômage, comprenant aussi le chômage partiel en cas de fléchissement temporaire des affaires. Et aussi une culture de formation professionnelle performante qui vise à donner et à entretenir des compétences élevées, lesquelles sont sollicitées lors d’un changement d’emploi.

On peut sans doute faire mieux. Mais l’essentiel est de comprendre que la mobilité professionnelle et tout ce qui la facilite sont un bienfait pour les travailleurs. Alors que tous les discours de nos vieux camarades valorisant la sclérose, le salaire assuré quoi qu’on fasse et autres garanties de situations acquises font en réalité le malheur des travailleurs et ferment aux jeunes l’espoir de trouver un emploi. Un nouveau discours pour les manifestations du premier mai ? Moi aussi, je rêve ! 

 

 

11:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

11/12/2012

Télétravail : réservé aux salaires « à la pièce »

Le débat ouvert par le télétravail oblige à remettre en question le salaire horaire, en vigueur dans les administrations publiques notamment.

Le télétravail ou travail à domicile n’est pas nouveau. Dans l’horlogerie, on rappellera que, très longtemps, les ouvriers travaillaient à domicile, dans un endroit bien éclairé de leur maison jurassienne, surtout les jours d’hiver. Et ils étaient payés en fonction du nombre pièces livrées à la fabrique.

Mais les choses se compliquent lorsqu’on envisage le télétravail dans l’administration publique : les employés n’y sont pas payés à l’acte, mais reçoivent un salaire mensuel, mesuré en fonction du nombre d’heures travaillées. On voit mal que des fonctionnaires puissent ainsi être payés pour demeurer à domicile, sans autre contrôle qu’eux-mêmes sur leur activité. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’esprit très mal tourné pour imaginer les dérives possibles…

Il s’agit donc d’introduire un système de rétribution à l’acte : lorsqu’un employé doit fournir un travail déterminé dans un délai fixé, il peut fort bien s’en acquitter chez lui. Si, par exemple, un taxateur fiscal doit traiter 20 dossiers chaque semaine, rien ne l’empêche de travailler à la maison, et peut-être même travaille-t-il mieux chez soi, dans le calme. Mais le télétravail nécessite des objectifs définis, à atteindre à domicile.

C’est là que le débat devient intéressant : si des objectifs précis sont fixés à un employé qui travaille à domicile, il devient tout naturel de fixer de mêmes objectifs à l’employé qui vient travailler au bureau. En clair, on en vient à introduire une forme de salaire à l’acte plutôt qu’un salaire horaire ; un salaire au mérite plutôt qu’un salaire à la présence !

On le voit, le télétravail dans les dministrations publiques nécessite le développement, en parallèle, du salaire au mérite. On y viendra, nous l’espérons, et cela pour le plus grand profit de l’environnement d’une part, du citoyen-contribuable, d’autre part.

16:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)

19/06/2012

Tous les secrets de votre santé sur Facebook

Sous l’appellation « dossier-patient-partagé », le DSAS travaille à un vaste projet informatique qui devrait assurer l’accès de tous les soignants aux informations collectées sur la santé des patients.

L’objectif serait d’améliorer à la fois la qualité et la sécurité des soins. C’est en tout cas ce que promettent des informaticiens qui - à vrai dire et on le leur pardonnera – n’ont guère d’expérience de la médecine. Ce qui est utile aux soins donnés au patient, c’est que les informations significatives qui le concernent soient connues du médecin qui le prend en charge, pas que ce médecin soit confronté à une profusion et confusion de données dont la plupart sont sans intérêt. Dans ce but, rien ne remplacera la transmission directe d’un soignant à un autre des informations utiles qui concerne le patient. Quant à la sécurité, on démontrera aisément que les informations vitales nécessitent toujours vérification : on ne procède pas à une transfusion sanguine sans vérifier le groupe inscrit sur une carte.

C'est essentiellement en matière de protection de la sphère privée que le problème se pose : le « dossier-patient-partagé » a exactement tous les défauts de Facebook, lesquels apparaissent de plus en plus clairement à ses utilisateurs. Comme Facebook, n’en déplaise aux promesses des informaticiens, les données relatives à un patient seront accessibles à tous, et tomberont, de fait, sur la place publique. Et, comme dans Facebook, une donnée qui peut paraître anodine au moment où elle est mise en ligne devient parfois extrêmement gênante dix ans plus tard. Qui pourra effacer certaines données ? Avec quels critères ?

Pour les amateurs de dossiers médicaux informatisés, nous proposons une alternative : un support informatique comportant les éléments mis à jour et détenu par le patient lui-même. Libre à lui de ne pas le communiquer ; libre à lui d’effacer ou de faire effacer certaines informations qui n’ont pas d’utilité.

Que le patient détienne sous format informatique les éléments de son dossier de santé : soit. Mais que ces éléments soient diffusés à tous vents par les services de l’administration sanitaire vaudoise : non merci !

16:10 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (2)