24/04/2012

Bayrou, Neirynck : le même échec du « centre »!

L’illusion d’une liste du Centre au système majoritaire vient de récolter exactement le même succès en France que dans le Canton de Vaud.

Voyons ces chiffres : François Bayrou vient d’obtenir 9,1% des voix au premier tour des présidentielles françaises. Le 11 mars dernier, Claude Béglé obtenait 9,47% au premier tour de l’élection du Conseil d’Etat. Au deuxième tour, Emmanuel Gétaz se contentait de 8,9 %. Le 27 novembre 2011, Emmanuel Gétaz obtenait 10,09% au premier tour de l’élection partielle au Conseil d’Etat. Et on pourrait continuer de remonter la liste des élections vaudoises pour rester dans les mêmes ordres de grandeur.

Résumons : chez nous comme en France, au système majoritaire, la liste du Centre peine à réunir 10% de l’électorat. 10% qui, en réalité, sont des voix perdues. On notera pour l’anectode que, en 2007, François Bayrou a déclaré s’être abstenu au second tour, incapable de choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Pour quelqu’un qui prétend assumer une fonction importante dans la République, admettons que c’est assez décevant, car la politique, par excellence, oblige ceux qui la pratiquent à faire des choix.

Le conseiller national PDC Jacques Neirynck – ce n’est un secret pour personne – a joué un rôle déterminant dans la position de son parti lors de l’élection du Conseil d’Etat vaudois. Son influence déterminante a convaincu son parti de ne pas placer le candidat Claude Béglé sur une liste du Centre-droite élargi, persuadé d’une formule qu’il juge magique : 3 + 1 + 3, trois à droite, trois à gauche et un au centre.

Le problème est que, dans une élection au système majoritaire, il n’y a en réalité que deux camps, la troisième liste, au centre, étant appelée à l’insignifiance. Les électeurs le savent, et s’en détournent.

Le centre, en politique, n’est pas un programme, mais une résultante. Dans un parlement élu au suffrage proportionnel, comme nous les connaissons chez nous, les projets, pour se réaliser, doivent réunir une large majorité des députés : dans ce but, ils doivent revêtir une dimension « centriste », c’est-à-dire capable de réunir autour d’eux l’accord des modérés de tous les camps. A défaut, s’ils sont trop « de droite » ou « de gauche », ils échouent souvent, au parlement ou en référendum.

Toute autre est l’élection : pour être élu au système majoritaire, il faut avoir choisi clairement son camp. Cela ne garantit pas la victoire. Au terme du deuxième tour, seul Nicolas Sarkozy ou François Hollande sera élu, l’autre aura perdu. Mais tous deux ont une chance de gagner. S’engager « au centre » n’offre qu’une certitude : celle de perdre. Ceux qui prétendent le contraire trompent les électeurs.

 

27/03/2012

La maternité prématurée : nouveau fléau social

Devenir mère à 14 ou 15 ans semble très « tendance ». Mais c’est un grave problème social qu’il convient de dénoncer.

Certes, il y a toujours eu des « accidents », conduisant une très jeune femme à mettre au monde un enfant que ses grands-parents, dans le meilleur des cas, acceptaient d’élever. Ce qui est nouveau, c’est qu’une mode se développe chez certaines filles tout juste pubères de « faire un bébé parce que j’en ai envie ». Il s’agit bien de maternité prématurée, c’est-à-dire touchant des mères immatures, qui n’ont fini ni leur éducation, ni leur formation, et qui sont appelées à demeurer à la charge de la collectivité.

Ces jeunes filles n’ont guère de peine à trouver un géniteur, souvent tout aussi écervelé qu’elles, qui sera rapidement largué une fois la conception accomplie.

Le droit définit un âge de nubilité (l’âge de se marier) différent de l’âge de la puberté. Si l’on considère l’évolution de l’âge de nubilité, on observe que le développement de la civilisation – notamment dans le but de protéger la femme – a conduit régulièrement à son élévation. Et derrière cet âge de nubilité se trouve l’idée que c’est aussi l’âge de devenir mère, une mère étant en principe une femme qui a pris époux.

Bien entendu, la gauche, toujours avide de suivre les modes plutôt que d’exercer un regard critique, semble prendre pour un fait de société « normal » qu’une adolescente décide de devenir mère et demande donc aux autres de s’en occuper.

Au Grand Conseil vaudois, Madame la députée Pascale Manzini, socialiste, a déposé un postulat visant à « aborder de façon exhaustive la problématique des jeunes mères seules avec leur enfant ». Sous sa plume, pas la moindre critique face à cette évolution, pas le début d’une mise en perspective de ce phénomène. Pas une ligne pour s’interroger sur les moyens possibles de « prévenir » ces nouvelles catastrophes sociales. Seulement l’idée de voir comment l’Etat pourrait venir en aide à ces inconscientes. Une démarche qui, à l’évidence, légitime cette nouvelle tendance.

Après les incessantes pressions des milieux homosexuels pour l’adoption ou la procréation par des couples de même sexe, c’est un nouveau pas dans la déconstruction de la famille. Insidieusement. Parce que, dans les milieux de gauche, « vivre avec son temps » tient lieu de programme politique.

Il est temps d’allumer un signal d’alerte. Et de rappeler que des adultes responsables mettent des enfants au monde lorsqu’ils sont en situation de les élever.

21:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11)

02/03/2012

A la Cathédrale, Sœur Marguerite parlait de Dieu !

L’EERV (Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud)) a donc décidé de renvoyer à Saint-Loup Sœur Marguerite, cette diaconesse qui exerçait une forme de permanence protestante à la Cathédrale de Lausanne. Monsieur Xavier Paillard, vice-président du Conseil synodal de l’EERV, a tenté de justifier la suppression de ce poste en affirmant que « cette fonction, à la longue, était plus dévolue à des tâches d’accueil et d’intendance qu’à des tâches de spiritualité, des tâches qui incombent à la commune ». Et les comptables de l’EERV ont tranché : Sœur Marguerite est renvoyée, mais un culte marquera la fin de son ministère le 31 mai (on sait mettre les formes, en Eglise, voyons !).

Remarquons d’abord que si l’EERV veut économiser sur toutes les tâches « qui incombent à la commune », elle a de belles perspectives d’économie. A commencer par son soutien au Centre social protestant : depuis que nos collectivités publiques ont pris en charge l’aide aux plus défavorisés, on peut légitimement se demander quel surcroît de « spiritualité » cette organisation apporte en comparaison des services sociaux de la commune… Quant aux « ministères de rue », il semble aussi que la Ville y engage passablement de travailleurs sociaux. On le voit, les pistes d'économie ne manquent pas.

Ce qui est plus grave, c’est que la froideur administrative puisse à ce point occulter la portée d’une présence permanente dans les murs de la Cathédrale. Jean Giono a écrit : “Parler avec l’accent, c’est parler de son pays, un peu, chaque fois que l’on parle d’autre chose”. Ainsi était-il de Soeur Marguerite : vous entriez dans la Cathédrale, elle était là, elle vous vendait une carte postale, elle vous ouvrait l’escalier qui monte à la Tour, elle vous donnait un prospectus ; mais en tout cela, elle vous parlait de Dieu, parce que, sous sa robe de diaconesse, elle avait « l’accent de Dieu ».

Le Conseil synodal aurait pu évoquer des motifs confessionnels : pour les protestants, Dieu n’est pas enfermé dans un temple, fût-ce la Cathédrale; il doit être célébré en tout lieu. Au contraire de leurs frères catholiques, les protestants affirment que l’édifice n’est pas sacré, et la présence divine n’a pas à y être “incarnée”, même par une diaconesse. Mais ce ne sont pas ces hautes réflexions théologiques qui motivent le Conseil synodal. Simplement les petits calculs de gestionnaires matérialistes.

On peut toutefois rêver : puisque la Cathédrale est désormais ouverte à toutes les confessions chrétiennes, nos frères catholiques pourraient proposer une sœur catholique pour remplacer la diaconesse mise à pied…