20/04/2010

Celui qui ne veut pas périr dans un incendie ne l’allume pas !

Celui qui ne veut pas risquer une chute en montagne ne fait pas d’alpinisme.

Et s’il chute, la réaction d’un individu responsable est d’abord de reconnaître sa responsabilité dans le risque pris : et non pas de déplorer la lenteur des secours. Ainsi en est-il de celui qui prend le risque de ne se préparer que superficiellement à un examen : s’il échoue, il ne crie pas à l’injustice, mais se reproche d’avoir trop peu travaillé.

L’individu libre et responsable prend des risques et les assume. Il n’en rejette pas la faute sur d’autres.

Une nouvelle génération est néanmoins en développement : des individus qui prennent des risques extrêmes mais qui, lorsque ceux-ci se réalisent, attendent des autres un engagement inconditionnel pour les sauver et tendent à rejeter toute responsabilité personnelle. Un peu comme certains anciens responsables d’UBS…

Dans cet esprit, tout risque excessif devient légitime et, à chaque fois que les choses tournent mal, la société dans son ensemble figure immédiatement sur le banc des accusés. Quelques récents accidents de ski ou de snow boards nous l’ont démontré : lorsqu’un skieur hors piste déclenche une avalanche atteignant une piste balisée, ce sont les responsables des pistes balisées qui sont mis en difficulté.

Deux récents faits divers illustrent la même dérive dans les milieux de la délinquance. Qu’un prisonnier mette le feu à son matelas et y laisse la vie fait incontestablement partie des risques pris par l’incendiaire ; or l’essentiel du débat public se concentre au contraire sur la façon dont les secours ont été organisés. Quand un groupe de jeunes, au volant de bolides volés, prend en plus le risque de dépasser les limites de vitesse autorisées et de forcer le barrage de police qui leur est opposé, ils prennent eux aussi un risque majeur, celui d’être physiquement arrêtés par les forces de l’ordre. Mais le débat public semble immédiatement se concentrer sur les modalités choisies par les forces de police pour parvenir à atteindre leur but.

Il est bon que la société en général, les pouvoirs publics en particulier, s’interrogent sur la façon dont ils ont, de cas en cas, géré les situations difficiles. Qu’éventuellement ils mettent des fautes en évidence et les sanctionnent. Mais il est essentiel que le débat ne passe pas sous silence le vrai responsable : celui qui prend un risque démesuré.