18/01/2020

Cette Norvège que Le Temps prend pour modèle...

Peu avant Noël, Le Temps a publié une série d'articles présentant la Norvège comme « La Suisse en mieux ». Il s'agissait de montrer ce pays en exemple pour sa politique familiale, pour son aide au développement et pour son soutien à la mobilité électrique.

Un exemple, vraiment ? Ce pays retire 34 milliards CHF de l’exploitation du pétrole, soit à peu près la moitié du budget de la Confédération, pour une population qui représente 2/3 de la Suisse (Le Temps, 4.2.19). Pas difficile, avec ces revenus, de financer une politique sociale généreuse, l’aide au développement et l’achat de véhicules électriques. Au moment où le monde entier mesure les dégâts causés par les énergies fossiles, prendre en exemple, pour la Suisse, un pays qui construit sa richesse sur le pétrole – et qui continue à investir par milliards dans son exploitation – a quelque chose de choquant. S'il faut, en 2020, mettre en balance un allongement du congé parental et la lutte contre le CO2, ce n'est certainement pas le développement de l'exploitation du pétrole qui doit l'emporter. Lorsque la Norvège renoncera aux montants gigantesque qu'elle retire de cette offense au climat, on pourra commencer à la donner en exemple à notre pays. 

Si la Norvège mérite quelques félicitations, c'est sur la façon dont elle fait profiter l'ensemble de la société de ses revenus pétroliers. En Norvège, cette  richesse profite, non pas à une caste de privilégiés, mais toute la population. J'ose remarquer que cette "collectivisation" de la richesse est assez caractéristique d’un pays de culture protestante ! Sur ce plan, c’est à d’autres exportateurs de pétrole qu’elle devrait servir d’exemple.

15/05/2019

Pourquoi la Suisse s'en tire mieux que la France : l'exemple des prothèses auditives

En Suisse, les malentendants peuvent acquérir des prothèses auditives. Sur la base du certificat établi par un spécialiste accrédité, les assurances sociales accordent au patient une subvention, laissant à sa charge le reste du financement, qui représente souvent quelques milliers de francs. Les prestations complémentaires ou d'autres associations, comme Pro Senectute, prennent à leur charge les montants que les plus nécessiteux ne peuvent pas payer eux-mêmes. Ce sytème a une conséquence : pour procéder à l'acquisition de prothèses auditives, les patients doivent en avoir la motivation et faire l'expérience du bénéfice qu'elles leur apportent. On évite ainsi que ces appareils coûteux ne finissent leur vie dans un tiroir de table de nuit.

La France, dont on connaît le trou financier de la Sécurité sociale, vient de faire la démarche inverse. Si le médecin considère que le port de prothèses acoustiques est nécessaire, le patient les obtiendra désormais sans dépenser un sou. Quelques professeurs spécialisés saluent cette victoire ! En passant complètement sous silence que le patient, et lui seul, peut apprécier le véritable bénéfice d'une prothèse acoustique et qu'il est dans l'intérêt de tous qu'il doive financièrement participer à la décision de cette acquisition. Sans doute, les fabricants de ces petites merveilles technologiques se réjouissent-ils de ce "progrès social"...

Il est inquiétant que des médecins, et plus encore des cadres universitaires, aient si peu le sens de l'intérêt général qu'ils se réjouissent de parvenir à creuser davantage encore le déficit public de la France. Une fois de plus, on perçoit que le miracle helvétique réside dans cet équilibre subtil entre la solidarité publique et l'effort demandé à chacun.

 

21:43 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (13)

08/02/2018

Pas de motif médical pour une assurance dentaire

Notre population vaudoise jouit d’une excellente santé dentaire : les spécialistes ORL, qui contemplent quotidiennement les bouches de nos patients, en témoignent et s’en réjouissent.  Ils sont les premiers à devoir prendre en charge les complications médicales des affections dentaires : ces complications sont rares et même des soins dentaires réguliers ne les préviennent pas toujours .

Les initiants prétendent que des soins dentaires gratuits contribueraient à réduire les coûts de la santé : cette affirmation est certainement fausse, et doit être dénoncée. Il est bien établi qu’un certain nombre d’affections bucco-dentaires accompagnent des maladies générales, mais sans qu'elles en soient la cause, contrairement à ce que tentent de faire croire les initiants. Les cas où un meilleur traitement dentaire conduirait à des économies dans les soins de la maladie de base, s’ils existent, sont tout-à-fait exceptionnels.  

Une assurance obligatoire pour soins dentaires est un projet purement politique. Il émane de ce populisme de gauche qui promet de faire payer « les autres ».  Il va bien au-delà d’un projet social, puisque aujourd’hui déjà les soins dentaires sont offerts aux plus démunis.

Une assurance dentaire facultative : pourquoi pas ? C’est le caractère obligatoire qu’il convient de dénoncer. La LAMal démontre bien tous les effets pervers d’une assurance obligatoire. Parmi eux, le TARMed, cette complexité technocratique absurde, serait inimaginable si la LAMal n’était pas obligatoire. Les partisans du tout-à-l’Etat sont-ils incapables de tirer les leçons de leurs erreurs ?

Si la santé dentaire de nos concitoyens nous réjouit, c’est probablement parce que la responsabilité individuelle est stimulée par le système actuel. Une bonne raison de refuser une assurance dentaire obligatoire et de voter NON le 4 mars prochain.