07/01/2021

Les autorités trompées par les chiffres des experts

Cela commence par le "taux de positivité" des tests Covid. puis par le fameux Re, le taux de reproduction effectif du virus. Il s'agit de chiffres, et les autorités politiques croient aux chiffres. Mais comme souvent, ce sont des chiffres "justes" fondés sur des données imprécises.

Il faut d'abord savoir que le test PCR est une technique qui procède par amplification. On doit amplifier le signal donné par l'ARN du virus pour que le test devienne positif. S'il est positif après 15 ou 20 amplifications, c'est que la charge virale est importante. Jusqu'à 33 amplifications, on admet que la charge virale est encore significative et que le patient est à la fois infectieux et contagieux. Mais au-delà, on détecte des traces d'ARN viral qui indiquent certes que le patient a croisé des traces de virus (ce qui intéresse les épidémiologistes), mais qu'il n'est ni malade, ni contagieux. Or le nombre d'amplifications n'est jamais mentionné et varie d'un laboratoire à un autre. En d'autres termes, si l'on ne connaît pas le nombre d'amplification qui ont été nécessaires pour que le test soit jugé "positif", on confond des malades contagieux et des patients en bonne santé et non contagieux. Les autorités politiques se basent sur ce nombre de "tests positifs", sans nuance, et sont trompés par les "experts" qui leur fournissent, en réalité, des informations inexactes.

Venons-en au fameux Re, le taux de reproduction effectif du virus. Il s'agit d'un calcul compliqué qui devrait établir la moyenne du nombre de personnes qu'un patient infecté contamine autour de lui. Si ce nombre est supérieur à 1, l'épidémie s'étend. S'il est inférieur à 1, l'épidémie ralentit. Fort bien. Mais ce chiffre dépend évidemment du nombre de tests positifs, lequel dépend à son tour du nombre de patients qui se soumettent à un test et de la sensibilité du test utilisé, le PCR le plus souvent, lequel est lui aussi dépendant, comme nous l'avons vu, des amplifications pratiquées par le laboratoire.

La statistique - et autant le nombre de cas positifs que le Re sont des statistiques - dépend toujours des données qui sont saisies. Après quoi les calculs sont certainement exacts, mais s'ils sont établis sur des données imprécises, ils doivent toujours être interprétés avec distance, et un esprit critique. Cet esprit critique manque à beaucoup d'experts, mais les autorités politiques n'osent pas les contester et sont conduites à des décisions inappropriées. Actuellement, le Conseil fédéral utilise le Re comme un critère indiscutable de pilotage de sa politique sanitaire. Sans savoir qu'il délègue ainsi ses responsabilités à des experts et des statisticiens qui lui fournissent des chiffres précis fondés sur des données imprécises. 

Longtemps on a pris en compte une donnée relativement précise : l'occupation des lits de soins intensifs. Si on s'en tenait à ce critère, au vu de la situation actuelle, il n'y aurait aucune raison de maintenir voire de renforcer les restrictions imposées par nos autorités. Et qu'on commence enfin à définir un taux d'amplification maximum (probablement 33) au-delà duquel on ne parle plus de tests PCR positifs.

 

 

23/12/2020

Et si le mutant anglais était une bénédiction de Noël ?

Un mutant du Covid-19 est apparu en Angleterre : il serait beaucoup plus contagieux. La plus forte probabilité biologique est que sa virulence diminue d'autant; il pourrait même devenir quasiment inoffensif. Peut-être ? On se permet de rêver.

Créer l'immunité contre un virus très pathogène en injectant une forme atténuée : c'est le principe même de la vaccination. Historiquement, on a commencé par injecter le virus de la vaccine, inoffensif, pour protéger les patients de la variole, maladie grave. Jusqu'aux tous nouveaux vaccins à ARN messager, ce fut le principe de toutes les vaccinations.

La biologie enseigne que plus une virus devient contagieux, plus il perd de sa virulence. Jusqu'à preuve du contraire, c'est bien ce qui pourrait se passer avec le mutant du Covid qui envahit le sud de lAngleterre. Mais alors, contrairement à ce que nous assènent les alarmistes de tout bord, cette mutation serait une super bonne nouvelle ! Les personnes,  très nombreuses, qui seraient infectées par ce mutant auraient peu de symptômes - quelques jours de fièvre, quelques douleurs, un petit rhume peut-être, soit exactement ce qu'on nous annonce avec le vaccin - après quoi elles seraient immunisées contre le Covid-19. 

On devrait alors ouvrir grand nos portes aux Anglais, qui deviendraient ainsi, de fait, nos vaccinateurs naturels. Et gratuits ! Finis les traçages, les quarantaines et les "mesures barrière" : vive la contagion et l'immunité collective !

Je rêve ? Peut-être, mais ce rêve n'est pas absurde. Bien sûr, il mettrait à l'écart tous les épidémiologistes qui dominent actuellement les politiques de nos divers pays. Bien sûr, il mettrait à mal les campagnes de vaccination qui démarrent. Les alarmistes qui, depuis des mois, ne relaient que les mauvaises nouvelles ne vont probablement pas s'empresser de s'engouffrer dans ce rêve. Mais si les nombreuses nouvelles contaminations anglaises ne se soldent pas par une forte recrudescence des hospitalisations et des morts, c'est pourtant bien que ce rêve deviendrait réalité.

A la veille de Noël, ce que la science nous enseigne pourrait bien transformer cette mutation anglaise non pas en une calamité, mais en une bénédiction !

 

24/09/2020

Si l'on pratique pour la grippe les mêmes dépistages que pour le Covid, on court à la catastrophe

Pour le Covid, on mélange les test de dépistage avec des tests diagnostiques. "On ne peut pas continuer à mélanger dans un même décompte toutes ces formes cliniques qui vont de rien jusqu'à la mort" (Pr. Antoine Flahault, l'Illustré, 16.9.20). "Faire plus de tests pour tester des gens qui ne présentent pas de symptômes n'a pas de sens" (Pr. Gilbert Greub, Le Matin Dimanche, 13.9.20). 

Les tests de dépistage PCR, très sensibles, pratiqués chez nous à large échelle pour le Covid-19, sont intéressants sur le plan épidémiologique. On teste donc abondamment l'entourage des malades, y compris des gens qui n'ont aucun symptôme. Certains sont positifs, et on les assimile à des gens contaminés et potentiellement contaminant, ce qui est médicalement faux et n'a jamais été fait à cette échelle dans aucune infection épidémique.

Venons-en à la grippe. Jusqu'ici, on a toujours recherché le virus de la grippe chez des patients qui en présentaient les symptômes, et ces symptômes sont caractéristiques : rien à voir avec un simple rhume ou une bronchite. Si on s'était mis à faire des frottis chez des patients asymptomatiques, on aurait été surpris, probablement, de voir combien ce virus s'était disséminé dans la population. Mais les gens qui n'ont pas de symptômes et qui, pourtant, auraient des traces du virus, sont des gens qui lui résistent. Par leurs anticorps ou par d'autres moyens de défense ? Peu importe. Ils résistent et ne sont pas malades. Le seuil épidémique de 60 cas pour 100'00 habitants, brandi par l'Office fédéral de la santé publique, désigne les malades confirmés, et par les "dépistés positifs". 

Une tendance redoutable serait de dépister la grippe à large échelle, dans la grande confusion dénoncée par Pr. Flahault. On peut en prédire les effets : surdramatiser l'épidémie de grippe, et reprendre pour ce virus l'engrenage des mesures de protection ou de confinement appliquées pour le Covid. Et malheur à notre vie sociale, à nos industries de culture ou de loisirs, à l'ensemble de nos entreprises.

Il serait temps, pour Covid, de distinguer parmi les "cas positifs", ceux qui sont malades de ceux qui ne le sont pas parce qu'ils sont capables de combattre ce virus. Et surtout, surtout, qu'on ne commence pas à dépister largement le virus de la grippe : en confondant des "dépistés" positifs avec les "diagnostics" de malades.