30/10/2021

La haine : un sentiment que les chrétiens condamnent

Le christianisme enseigne l'amour et le pardon. "Haïr," la "haine" sont des termes qu'un chrétien refuse même d'utiliser.

On vient de consacrer un séminaire de deux jours à Lausanne pour parler de la haine. C'est en soi révélateur de la perte d'influence de nos églises chrétiennes sur la société qui est la nôtre, et Olivier Meuwly, à Forum, le 29.11.21, a eu raison de le relever. Dans le programme de ce séminaire, on lit "Avec l'ambition de découvrir ensemble ce qui lui résiste: la justice, la vérité, la solidarité". Et comme par hasard, aucune mention de nos valeurs chrétiennes !

On aurait aimé entendre nos églises, et pour commencer le Conseil synodal de l'EERV, se manifester fermement lorsque l'expression "J'ai la haine" a commencé à être prononcée. Là aussi, elles ont préféré le silence, au motif qu'il ne faut surtout pas moraliser. Comme elles se sont tues lors que la COOP a choisi le slogan "Pour moi et pour toi" alors que tout l'enseignement du Christ était "Pour toi et pour moi", nuance significative.

Il est vrai que, dans l'Islam, la haine n'a pas la même place. Est-il interdit de le dire ? Plutôt que de s'interroger sur la bénédiction des animaux et des couples de même sexe, nos églises ne seraient-elles pas plus fidèles à leur mission qui est de rappeler, sans fin, que la haine n'est pas un sentiment chrétien ?

"Le christianisme est dans le monde l'immortelle semence de la liberté", écrivait Alexandre Vinet. Il est aussi l'immortelle semence de l'amour et du pardon. Trop occupées à courir derrière les idées à la mode plutôt que de répéter courageusement les messages qui font leur identité et qui ont tant apporté à la pacification de nos sociétés chrétiennes, nos églises ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes lorsqu'elles déplorent leur perte d'influence et leur lente agonie.

 

07/10/2021

Enseignement privé, OUI ; à domicile NON

Au mot « privé », les cheveux se dressent sur les têtes communistes. Mais l’avant-projet de loi sur l’enseignement privé, que Mme Cesla Amarelle a présenté au nom du Conseil d’Etat, devrait alerter même des gens de gauche.

Parlons d’abord de l’enseignement à domicile. C’est une pratique archaïque, qui remonte au temps des précepteurs engagés par des familles fortunées. Actuellement, il est dispensé à environ 800 enfants dans le Canton de Vaud, essentiellement dans des milieux fondamentalistes. Ces enfants sont abandonnés à l’endoctrinement de parents qui veulent à tout prix les protéger des contaminations idéologiques de la société contemporaine. Ils échappent ainsi à toute la socialisation qu’apporte la rencontre, dans une classe, avec d’autres enfants, reflétant la société telle qu’elle est, et avec laquelle, plus grands, ils devront bien cohabiter. Disons-le clairement : l’enseignement à domicile n’apporte aucune valeur ajoutée. La bonne décision serait d’en supprimer le principe, laissant aux parents le choix entre l’école publique et l’enseignement privé.

Au lieu de ce choix clair, Mme Amarelle préfère maintenir l’enseignement à domicile, mais le contrôler. Contrôler la société, contrôler l’intimité des familles : telle est la vraie ambition d’un système totalitaire.

Au passage, Mme Amarelle veut étendre le contrôle de ses services sur les écoles privées.

Sait-elle seulement comment fonctionne une école privée, laquelle doit rendre des comptes aux parents qui financent l’écolage de leur enfant ? Et qui a une réputation à défendre. Vous pensez qu’un directeur va engager à la légère un enseignant incompétent, ou poursuivi pour des affaires de mœurs ? Dans le privé, le téléphone fonctionne, et on n’engage pas un collaborateur sans se renseigner sur ses antécédents : pas besoin du contrôle du Département.

Le plus révélateur, dans ce projet, se trouve à l’article 7 : « Le service peut requérir en tout temps tout renseignement et tout document qu’il juge utile. » Stasi ou Gestapo ? en tout cas le langage d’une dictature.

Le libéralisme se caractérise par la confiance, le socialisme par la méfiance. Et cette méfiance s’exprime par la prétention à tout contrôler.

L’avant-projet de Loi sur l’enseignement privé est l’expression de la méfiance à l’endroit du privé. On devrait se contenter de lui fixer des objectifs et les vérifier (examens). On préfère contrôler.

Qu’on ait le courage de renoncer à l’enseignement à domicile, en passant par une modification de la Constitution soumise aux électeurs. Ce sera clair.

Mais de grâce : mettons un frein à l’ambition du contrôle permanent des citoyens et des institutions privées. Plutôt que des citoyens bien contrôlés, nous préférons des citoyens bien formés. Pour atteindre cet objectif, chacun sait, même à gauche, que les écoles privées constituent un complément utile et parfois nécessaire à l’enseignement public.

 (Publié dans la rubrique "Opinion" de 24 Heures, 7.10.21)