23/12/2020

Et si le mutant anglais était une bénédiction de Noël ?

Un mutant du Covid-19 est apparu en Angleterre : il serait beaucoup plus contagieux. La plus forte probabilité biologique est que sa virulence diminue d'autant; il pourrait même devenir quasiment inoffensif. Peut-être ? On se permet de rêver.

Créer l'immunité contre un virus très pathogène en injectant une forme atténuée : c'est le principe même de la vaccination. Historiquement, on a commencé par injecter le virus de la vaccine, inoffensif, pour protéger les patients de la variole, maladie grave. Jusqu'aux tous nouveaux vaccins à ARN messager, ce fut le principe de toutes les vaccinations.

La biologie enseigne que plus une virus devient contagieux, plus il perd de sa virulence. Jusqu'à preuve du contraire, c'est bien ce qui pourrait se passer avec le mutant du Covid qui envahit le sud de lAngleterre. Mais alors, contrairement à ce que nous assènent les alarmistes de tout bord, cette mutation serait une super bonne nouvelle ! Les personnes,  très nombreuses, qui seraient infectées par ce mutant auraient peu de symptômes - quelques jours de fièvre, quelques douleurs, un petit rhume peut-être, soit exactement ce qu'on nous annonce avec le vaccin - après quoi elles seraient immunisées contre le Covid-19. 

On devrait alors ouvrir grand nos portes aux Anglais, qui deviendraient ainsi, de fait, nos vaccinateurs naturels. Et gratuits ! Finis les traçages, les quarantaines et les "mesures barrière" : vive la contagion et l'immunité collective !

Je rêve ? Peut-être, mais ce rêve n'est pas absurde. Bien sûr, il mettrait à l'écart tous les épidémiologistes qui dominent actuellement les politiques de nos divers pays. Bien sûr, il mettrait à mal les campagnes de vaccination qui démarrent. Les alarmistes qui, depuis des mois, ne relaient que les mauvaises nouvelles ne vont probablement pas s'empresser de s'engouffrer dans ce rêve. Mais si les nombreuses nouvelles contaminations anglaises ne se soldent pas par une forte recrudescence des hospitalisations et des morts, c'est pourtant bien que ce rêve deviendrait réalité.

A la veille de Noël, ce que la science nous enseigne pourrait bien transformer cette mutation anglaise non pas en une calamité, mais en une bénédiction !

 

24/09/2020

Si l'on pratique pour la grippe les mêmes dépistages que pour le Covid, on court à la catastrophe

Pour le Covid, on mélange les test de dépistage avec des tests diagnostiques. "On ne peut pas continuer à mélanger dans un même décompte toutes ces formes cliniques qui vont de rien jusqu'à la mort" (Pr. Antoine Flahault, l'Illustré, 16.9.20). "Faire plus de tests pour tester des gens qui ne présentent pas de symptômes n'a pas de sens" (Pr. Gilbert Greub, Le Matin Dimanche, 13.9.20). 

Les tests de dépistage PCR, très sensibles, pratiqués chez nous à large échelle pour le Covid-19, sont intéressants sur le plan épidémiologique. On teste donc abondamment l'entourage des malades, y compris des gens qui n'ont aucun symptôme. Certains sont positifs, et on les assimile à des gens contaminés et potentiellement contaminant, ce qui est médicalement faux et n'a jamais été fait à cette échelle dans aucune infection épidémique.

Venons-en à la grippe. Jusqu'ici, on a toujours recherché le virus de la grippe chez des patients qui en présentaient les symptômes, et ces symptômes sont caractéristiques : rien à voir avec un simple rhume ou une bronchite. Si on s'était mis à faire des frottis chez des patients asymptomatiques, on aurait été surpris, probablement, de voir combien ce virus s'était disséminé dans la population. Mais les gens qui n'ont pas de symptômes et qui, pourtant, auraient des traces du virus, sont des gens qui lui résistent. Par leurs anticorps ou par d'autres moyens de défense ? Peu importe. Ils résistent et ne sont pas malades. Le seuil épidémique de 60 cas pour 100'00 habitants, brandi par l'Office fédéral de la santé publique, désigne les malades confirmés, et par les "dépistés positifs". 

Une tendance redoutable serait de dépister la grippe à large échelle, dans la grande confusion dénoncée par Pr. Flahault. On peut en prédire les effets : surdramatiser l'épidémie de grippe, et reprendre pour ce virus l'engrenage des mesures de protection ou de confinement appliquées pour le Covid. Et malheur à notre vie sociale, à nos industries de culture ou de loisirs, à l'ensemble de nos entreprises.

Il serait temps, pour Covid, de distinguer parmi les "cas positifs", ceux qui sont malades de ceux qui ne le sont pas parce qu'ils sont capables de combattre ce virus. Et surtout, surtout, qu'on ne commence pas à dépister largement le virus de la grippe : en confondant des "dépistés" positifs avec les "diagnostics" de malades.

30/04/2020

Dépistage systématique Covid : vite dit !

Pas si simples, les dépistages systématiques. Le SSP-enseignement demande que tous les élèves soient testés : visiblement, ils ne savent pas de quoi ils parlent.

Tout d'abord, il faut savoir que ces frottis de dépistage ont une sensibilité insuffisante : 60 à 80% seulement. En d'autres termes, cela signifie que 20 à 40 % de patients atteints du Covid-19 sont à tort considérés comme "négatifs". Et ces faux négatifs sont une plaie épidémiologique, car ils apportent une fausse sécurité. Le sujet déclaré "négatif" se croit inoffensif et protégé, alors qu'il est un danger pour lui-même et pour les autres. Ce taux de faux négatifs augmente si le test est mal fait. Les "drinve-in", comme on annonce à Berne et à Yverdon, sont donc un danger public !

Venons-en aux enfants. Le frottis est très douloureux pour un enfant. Tous les ORL (dont je fais partie) savent qu'il est très difficile de passer un écouvillon dans le nez d'un enfant. A tous les coups, il se met à pleurer, ou à crier. Alors, vouloir le faire de façon systématique à des enfants est tout simplement impossible. Le premier va crier, et les autres refuseront. Ou alors, le test sera mal fait, ce qui augmentera les faux-négatifs. 

Cessons de bêler "dépistage systématique". Ce n'est pas seulement inutile, c'est dangereux. Le test doit être accompagné d'un diagnostic médical (capable de détecter les faux négatifs), puis d'une prise en charge adaptée si, par malheur, le test était positif. Un test virologique ne se pratique pas comme une prise de photo par un smartphone !